Sinon ?

Les casiers connectés d’Aijaz

Publié
26.04.2021

Et si le futur de la livraison ressemblait moins à des drones qu’à des lockers intelligents ? C’est l’intuition d’Aijaz Haji Adam, startuper de 35 ans. L’essor du e-commerce, boosté par la crise sanitaire, pourrait bien lui donner raison. Rencontre avec cette start-up identifiée lors du challenge B’Local by Ascencia en collaboration avec l’incubateur, La Turbine.

TiKaZié, ki ete sa ?

Le concept repose sur des casiers connectés et sécurisés. Installés à travers l’île, ces smart lockers permettront aux internautes de récupérer plus facilement leurs achats et aux livreurs d’optimiser leurs tournées. C’est une solution alternative à la livraison à domicile.

En quoi facilite-t-elle la réception de colis ?

L’acheteur n’a plus besoin d’être présent à la livraison, c’est un souci en moins. Il commande sur le site marchand, choisit la livraison en locker et récupère sa commande de manière flexible, quand il le souhaite.

Ou la réception en self-service…

C’est l’idée. Tout est automatisé et sans contact. Aussitôt le colis arrivé, son destinataire reçoit une notification sur son smartphone, avec un code confidentiel lui permettant de déverrouiller le casier. C’est sûr et pratique.

Finies les parties de cache-cache avec le livreur…

C’est l’avantage pour l’acheteur. Mais notre solution est globale, elle s’adresse tout autant aux marchands et aux transporteurs. En simplifiant le processus de livraison, chacun gagne du temps, et pas seulement. Prenons le cas d’un supermarché online : son intérêt est d’offrir un nouveau service à ses clients. TiKaZié a également un impact positif sur le travail des livreurs. Celui qui doit se rendre à plusieurs adresses pourra se limiter à un arrêt unique.

Pourquoi dites-vous que votre solution est bénéfique pour l’environnement ?

Aujourd’hui, un colis sur dix n’est pas livré du premier coup, ce qui oblige le livreur à revenir ou l’acheteur à se déplacer. Avec TiKaZié, aucun second passage n’est nécessaire. On réduit l’empreinte carbone, la planète dit merci.

A condition d’avoir un casier près de chez soi…

Pas forcément. L’idée est d’avoir un casier sur son chemin, celui de la maison, du travail ou un autre. Pour cela, il nous faut quadriller l’île intelligemment, en ciblant des lieux fréquentés. On a imaginé une vingtaine d’implantations. Les parkings de supermarchés ou les stations-services seraient des lieux intéressants. Nous sommes encore en discussion.

Parlons de vous. Quel a été votre parcours ?

J’ai 35 ans, je vis en France depuis 17 ans, je m’apprête à rentrer à Maurice. La banque a été mon premier métier. En 2020, j’ai tenté une première aventure entrepreneuriale. J’ai créé, à Maurice, une conciergerie d’entreprise. D’où l’idée de casiers connectés, qui devaient s’y greffer. Fin 2020, tout s’est accéléré. TiKaZié a séduit les dirigeants d’Ascencia. Le projet a été sélectionné lors d’un concours. Depuis, l’incubateur La Turbine nous accompagne pour lui donner vie.

Prochaine étape ?

La validation du proof of concept. TiKaZié serait une révolution dans l’univers de la livraison. Une phase de test poussée est indispensable. Elle devrait durer six mois.

Que peut-on vous souhaiter ?

De réussir à surmonter un défi majeur : fabriquer nos casiers à Maurice. Faire du « Made in Moris » est une évidence pour moi. C’est aussi un réel challenge du fait des coûts de production de plus en plus élevés.

Publié 26.04.2021

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